Rôle et place dans la famille

ÊTRE GRAND-MÈRE

Granny, Babouchka, Jaddah, Mémé, Grand-mère,… Mamy, Mamie ?

L'appellation est-elle importante sur la place
et le rôle de la grand-mère ?

Thèmes abordés
Elles s'appellent ...
Les nouvelles grands-mères telles qu'elles se voient
Grands-mères modernes et "présentes"
Disponibles pour la famille, mais …
Rester à la bonne distance

Grand-mère pour la 1ère fois
Prévenir les difficultés de relations
Une 2 ème étape autour de 70-75 ans
Les grands-mères dans la société et l'Europe

Souvenir : Le tablier de "Grand' Mère"
Et n'hésitez pas à donner votre avis, vos expériences, vos coups de coeur sur notre forum

Elles s'appellent ...

Il suffit d'entendre le nombre d'appels "Mamie" dans les rencontres grands-parents / petits-enfants de l'EGPE et dans les jardins publics pendant les vacances ou les samedis, pour savoir que c'est le titre dominant donné aux grands-mères.

  "A ma belle-fille future maman, j'ai proposé "Mamie" : je ne me sentais pas vieille mais je n'aimais pas "grand-mère" et je voulais surtout que la place de chacun - dans la lignée familiale - soit évidente. Ainsi, et avec l'accord ultérieur de nos filles et gendres, nos petits enfants ont 2 Mamies et 2 papis ; comme leurs parents, ils ajoutent le prénom du grand-parent lorsqu'ils parlent d'un absent. Cela leur a permis de positionner aussi les oncles et tantes à côté de ces papys-mamies et, très jeunes, de bien "sentir" la place qu'ils tenaient dans cette grande famille". Thérèse

Ainsi, certaines grands-mères proposent, d'autres n'osent pas : elles attendent le choix des parents ... et c'est parfois le premier petit-enfant qui les nomme à partir d'un mot qui a plu - mais qu'elles n'apprécient pas forcément - et les suivants reprennent généralement la même appellation …
Ce nom n'est pas neutre du tout quant à la place de la grand-mère dans la famille et aucune n'y est indifférente.

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Les nouvelles grands-mères
telles qu'elles se voient

Les sondages, les chercheurs et auteurs actuels, tout comme la presse ou les organismes liés à la consommation, décrivent – et même s'extasient – sur ces "nouvelles grands-mères", ces "mamies boomeuses", … et s'essaient à les décrire seules ou auprès de jeunes enfants.
Modernes et "présentes"
Telle est l'image qui ressort d'un sondage sur 1696 femmes - dont 28% seulement avaient plus de 45 ans - organisé par le site au Féminin en 2006 pour la fête des grands-mères et présenté par Senioractu.

Selon les enquêtées :
Les grands-mères restent un pilier important de la famille, un lien entre les générations, la mémoire de l'histoire familiale, les garantes de la cohésion sociale.
Avec leurs petits-enfants, se sont des confidentes, des complices, sachant cajoler, consoler ;
Elles ont changé : leur place dans la société a évolué avec elles, à l'instar du statut des femmes ; elles sont ancrées dans leur temps, elles trouvent un équilibre entre leurs activités et la famille. Et elles veulent rester belles.

Disponibles pour la famille, mais …
La nouvelle grand-mère se fait « enrôler » par ses enfants, qui n'hésitent plus à la « former » ; elle doit trouver la bonne distance avec eux tout en se créant un style sur mesure.
Telle est l'approche d'Eric Donfu, président de Dialogues et Relations Sociales : à partir d'une enquête auprès de 600 grands-mères, de leurs filles et leurs petits enfants, il décrypte avec humour des styles variés :
- "la grand-mère providence" totalement dévouée et la " grand-mère pompier" qui arrive en courant dès qu'il y a un problème,
- les " cheftaines" et les "fées seniors", deux styles de créatrices,
les " trop proches comme la matriarche" qui sait tout mieux que sa fille ou la "mère adjointe",
- les « "assez proches" et "la grand-mère intermittente",
- des figures distantes, comme "les icônes ou les bibelots", des personnages mythiques mais passifs", voire les grands-mères carrément " indignes" qui refusent de s'occuper de leurs petits- enfants…

Rester à la bonne distance
Dans nos enquêtes, les grands-mères sont nombreuses à dire qu'elles veillent à "garder la bonne distance", à tenir la juste place, à ne pas les envahir (voir être grand-parent aujourd'hui) et elles font de grands efforts pour assurer ces liens et ces moments de vie commune :
"Grâce à eux, je suis devenue une grand-mère comblée. Ils illuminent ma vie (même à 600 km de distance). Nous nous voyons tous les deux ou trois mois en louant un gîte proche de leur maison. A Noël, puis en février, puis en avril… pour partager avec enfants et petits-enfants une semaine agréable
." Denise 66 ans

Depuis maintenant 13 ans nous constatons aussi à l'EGPE que les grands-mères privilégient la tendresse, la complicité, la connivence et le plaisir d'être ensemble plutôt que leur "statut" ce qui facilite considérablement les relations avec les petits-enfants mais aussi avec les parents.
Rares sont celles qui cherchent plutôt des liens d'autorité comme autrefois et/ ou le maintien d'une certaine distance.
Elles organisent leur vie professionnelle et familiale en "donnant du temps" à leurs petits-enfants ; ils savent apprécier et elles en tirent beaucoup de bonheur !
" Maman n'a jamais le temps de jouer avec moi mais j'ai une Mamie et je fais plein de choses avec elle ; il y a aussi Grand'mère, c'est la maman de ma maman, elle fait des cadeaux mais ce n'est pas pareille : il faut être sage, ne pas faire de bruit, on s'ennuie… elle est vielle !" Léo 7 ans

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Grand-mère pour la première fois
par Nancy de la Perrière, psychothérapeute
La naissance d'un premier petit-enfant est un moment charnière de la relation entre la mère et sa propre mère ou belle-mère.
Les émois joyeux et parfois inquiets sont vécus intensément de part et d'autre, d'autant plus que les maternités passées de la grand'mère se trouvent en quelque sorte réactualisées.

La naissance de son petit-enfant est-elle une joie ou s'éprouve-t-elle soudain plus " vieille" qu'elle ne le souhaite ? Demande-t-elle à être "comblée" par un petit-enfant, au risque d'être déçue dans son désir possessif ?

La mère est d'autant plus sensible aux attitudes de la grand'mère qu'elle-même n'est pas nécessairement très assurée dans sa maternité : elle se demande si elle ne prend pas la place de sa mère, si elle saura être une bonne mère...

Les parents d'un jeune couple, surtout s'ils l'ont beaucoup aidé matériellement ou financièrement, restent souvent très présents, trop présents au gré de leurs enfants, qui prennent alors une distance que les grands-parents ressentent douloureusement.

Prévenir les difficultés de relations

Les enquêtes ne font guère état des grands-mères qui connaissent de graves problèmes relationnels ou des ruptures. Les images dominantes de grands-mères épanouies ne les incitent certainement pas à répondre.
Dans notre enquête de 2004, 5% de grands-parents seulement, sur plus de 800 réponses ont fait état de leurs insatisfactions ayant pour motifs : incompréhension, mésentente, blocage psychologique, refus de la complicité, …
Ce sont ces thèmes qu'invoquent aussi les mamans sur les forums internet tels que magicmaman.com, best of chat , … à propos de leur mère ou belle-mère, en lançant souvent des SOS.

A l'EGPE, nous savons combien le maintien des liens entre grands-parents et petits-enfants est un atout éducatif très fort et que des relations difficiles sont sources de souffrance de part et d'autre. C'est la raison de la mise en place de nombreuses activités d'écoute et échanges.
Dans ces rencontres, les animateurs s'efforcent de créer un espace de coéducation, un lieu d'échange d'expériences et de connaissances où tous les sujets peuvent être abordés : usure du couple, sollicitations familiales qui nous mettent à rude épreuve mais auxquelles on ne sait pas dire non, conflits en famille, privation des petits-enfants, drames familiaux liés aux divorces, maladies, deuils,…

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Une 2ème étape se dessine autour de 70-75 ans

Il apparaît qu'après un temps nécessaire de vacuité et d'investissement personnel dans la "douceur de se sentir sans trop de contraintes" la famille, les loisirs, les amis ne suffisent plus à un bon équilibre de vie. Nous avons besoin de nous investir dans des activités qui peuvent durer au delà de nous-même, comprendre ce monde où vivent nos enfants et petits enfants et prendre notre place.

Mais, selon Marie-Françoise Fuchs, cette place n'est pas la même à 55 ans qu'à 65 ans, ni à 75 ans qu'à 85 ans et plus ; c'est entre nous que nous apprenons à l'accepter et à en faire quelque chose de prometteur pour nous et pour nos descendants.

De plus en plus fréquemment confrontés à des séparations, à des à-coups de santé ou à des deuils, à un temps où les « plus jamais » deviennent plus nombreux, on constate que les petits-enfants ont grandi, même si certaines grands-mères bercent les bébés d'une famille recomposée. Mais pour beaucoup, les rencontres sont différentes, les modes d'échanges aussi et elles apprennent à utiliser les nouveaux portables et internet.
Or le lien est essentiel pour lui-même : " Il est important de prendre du temps pour ne pas perdre le contact qui crée des liens forts entre tous les membres …"
Yvonne Castellan, dans son enquête pour le forum EGPE 2007 "Vieillir et devenir" a donné la parole aux grands-mères de grands petits-enfants :

  "Je leur dis qu'ils sont ma joie de vivre. Les grands viennent toutes les semaines dîner avec moi, et pour les plus jeunes, je leur téléphone ."
" Maintenant je vais vivre pour moi, pour mon couple. Je m'occuperai moins de vous. Vous êtes assez grands pour gérer votre vie, c'est votre "job". Votre souffrance et vos joies sont toujours les miennes, mais je m'efface. Je vous aime, mais votre vie, c'est votre affaire. Réussissez-la comme vous voulez."

Tous les travaux de l'EGPE montrent que le rôle grand-parental dans la famille ne s'arrête pas avec l'âge mais il s'appuie sur le vécu et la qualité des relations déjà créées. Ainsi, à ce même colloque, Christiane Collange a relaté son vécu de cette 2ème étape de la retraite, par exemple :

  "Il faut « réviser » ses relations. Je n'ai pas voulu dire les changer, mais avoir un autre mode de relations. Cela m'a particulièrement frappé avec mes petits-enfants. L'aîné de mes petits-fils qui a trente ans, m'a fait arrière-grand-mère d'une, petite fille qui a un an. Je me rends compte que j'ai révisé ma façon d'être grand-mère vis-à-vis de cette malheureuse petite dernière : ayant été malade, je ne peux ni courir derrière elle, ni la porter, ni vraiment la sortir au jardin, parce que je ne peux pas m'en sortir. C'est une personne qui est dangereuse pour moi. Si elle est dangereuse pour moi, je suis dangereuse pour elle".

Ces grands-mères assument la continuité et le changement. Leur extraordinaire capacité créative, leur apport spécifique, leur capacité à donner sens à l'histoire de la vie, le recul nécessaire des activités précédentes, les fragilités nouvelles, sont des facteurs qui leur permettent de mieux réfléchir et d'aller à l'essentiel dans les relations familiales.

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Les grands-mères dans la société et l'Europe

Quels que soient les regards, on constate que les grands-mères d'aujourd'hui ont pris place dans la société. Cette place a logiquement évolué avec elles, en raison de leur volonté et de leur appétit de savoir, de voyager, d'agir mais aussi leur capacité à comprendre le monde qui bouge, à rester en éveil, à maîtriser les nouveautés dont l'informatique, à créer et maintenir des liens sociaux, notamment dans le bénévolat.

Le bénévolat à l'EGPE ou ailleurs

Il existe peu de données concernant l'action des retraités dans le bénévolat mais selon l'INSEE en 2002 : 28% des 50-59 ans ont eu une activité bénévole, 29% chez les 60-69 ans et 19% à 70 ans et plus.
C'est peu mais il est connu que les petits-enfants ainsi que les arrière grands-parents, lorsqu'ils ont besoin d'aide, sollicitent fortement les grands-mères. Avec les charges familiales, elles disposent de peu de temps libre pour le bénévolat ; et pourtant, dans notre enquête pour le forum 2004, il apparaissait que les femmes étaient actives et plus régulières que les hommes alors que pour l'INSEE ce sont 30% des hommes et 22% des femmes.
Pour info : l'EGPE est très innovatrice et a toujours besoin de renforts, rejoignez-nous.

La période 60 - 69 ans
est dans toutes les études le temps fort de l'engagement associatif et, lorsqu'on demeure extérieur à tout groupement, c'est parce que, de manière générale, "on pense qu'on a assez donné et qu'il est temps de faire ce qu'on a envie."
On retrouve principalement les grands-mères dans le bénévolat social souvent lié à la famille et / ou aux enfants et dans les activités artistiques et culturelles (24,7%).

Et vis-à-vis de l'Europe
L'EGPE étant très concernée par l'Europe avait interrogé les grands-parents sur leur rôle dans la construction de l'Europe. La citation d'une grand-mère de 68 ans résume bien la position d'une très large majorité qui a répondu sur ce sujet :
"Notre génération a été à l'origine de la construction européenne. Après la guerre, grâce à des hommes comme Adenauer, Schumann, Monnet, un grand élan a été donné pour que l'Europe existe. Depuis 30 ans, le libre échange, la monnaie et les règlements se développent. La construction d'une fédération avec une politique étrangère et une défense communes sont en panne, les égoïsmes, les particularismes nationaux étouffent tout progrès possible. Les dirigeants n'y croient pas ou si peu, à l'Europe ! C'est donc à nous, force nombreuse, de faire redémarrer l'idée européenne pour construire un avenir heureux à nos petits-enfants".


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Voir aussi
Une génération pivot
Etre grand-parent aujourd'hui
Ecoute Echanges
Rencontres intergénérationnelles
Europe
Les mercredis avec nos petits-enfants
Solidarité


Pour parler de votre expérience de grand-mère, allez sur notre forum http://egpe.forums-actifs.net/

Pour en savoir plus
Atelier Grand'mère pour la 1ère fois, animé par Nancy de la Perrière
Le siècle des grands-parents par Claudine Attias-Donfut et Martine Segalen Edition Autrement
Le Nouvel Esprit de famille par Claudine Attias-Donfut, Nicole Lapierre, et Martine Segalen, chez Odile Jacob
Grands-parents et grands-parentalités par Benoît Schneider Marie-Claude Mietkiewicz, Sylvain Bouyer, chez érès 2005
Oh Mamie Boom Eric Donfu Editions Jacob Duvernet
Christiane Collange
Auteur de  seize livres dont Moi ta mère (1985) Moi ta fille (1990) Nous les Belles-Mères »(2001) et La deuxième vie des femmes » (2005)
Yvonne Castellan est Professeur Emérite de Psychologie Clinique de l'Université de Paris X Nanterre Nombreuses publications dont « Psychologie de la famille » Privat éd. 1993 ou Les grands-parents ces inconnus » BAYARD ED  1999
Actes du colloque Vieillir et devenir organisé par Marie-Françoise Fuchs disponible à l'EGPE (15€) ou en pdf (260 pages)
Acts du forum européen Votre Avenir vous appartient également disponible à l'EGPE ou en pdf (146 pages)

 

 

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EGPE - 12 rue Chomel 75007 PARIS - Email:egpe@wanadoo.fr
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L'Ecole
des Grands-Parents Européens
est un lieu
de recherche, de réflexion,
d'échanges, de rencontres
et d'actions.
 
   
 

 

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